Bonne gestion allemande du Covid-19 : attention aux idées reçues

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Corona-partys entre jeunes, cacophonie entre Länder… Si l’Allemagne a globalement bien mieux géré la situation que ses voisins européens, il faut se garder de généraliser. Oui, le pays a aussi connu des ratés.


En ce 22 avril ensoleillé, la police patrouille dans un parc de Berlin pour vérifier la distance entre les groupes de gens.
G. Deboutte

Non, les Allemands ne sont pas plus disciplinés et ce n’est pas pour cette raison qu’un confinement strict n’a pas été adopté. Si le choix s’est porté sur des mesures de distanciation physique et non des restrictions de sortie comme en France ou en Italie, c’est d’abord parce que, constitutionnellement, l’Etat fédéral n’a pas le droit d’imposer une telle mesure. De plus, la situation sanitaire dans la plupart des Länder (à l’exception de la Bavière) ne le justifiait pas. Enfin, comme l’a expliqué Angela Merkel, elle a préféré miser sur la responsabilité individuelle.

Elle qui a grandi en dictature en ex-Allemagne de l’Est avait aussi expliqué de manière très personnelle lors d’une allocation télévisée que « pour quelqu’un comme moi, pour qui la liberté de voyage et de circulation a été un droit durement acquis, de telles restrictions ne peuvent être justifiées que par une nécessité absolue ». Ce n’est pas pour autant que tout le monde a respecté les consignes. On a aussi vu, même au plus fort de l’épidémie, ou encore des familles élargies se retrouvant pour des pique-niques ou encore des groupes de jeunes se rassemblant le soir sur les terrains de jeux ou dans les gares, lors de ce que l’on a appelé des « Corona-partys ».


Oui, le fédéralisme entraîne une émulation, mais aussi une compétition et une certaine cacophonie. Au départ, le fédéralisme allemand a d’ailleurs plutôt été critiqué à cause des délais qu’il implique en termes de prise de décisions. C’est aussi le cas en ce moment. Alors que la chancelière a recommandé une levée des restrictions progressive pour prévenir tout risque de reprise de l’épidémie, certains Länder veulent désormais accélérer la cadence et faire cavalier seul. Ainsi, la Saxe-Anhalt, la Thuringe ou encore la Rhénanie-Palatinat ont décidé d’ouvrir dès cette semaine tous les magasins, y compris ceux de plus de 800 m2 ou encore les crèches. Une précipitation qui inquiète le virologue Christian Drosten : « Le plan fédéral est de lever lentement les restrictions, mais comme les Länder fixent en Allemagne leurs propres règles, je crains que nous assistions à beaucoup de créativité dans l’interprétation de ce plan et que le taux de reproduction du virus ne recommence à grimper, nous mettant face à une deuxième vague, plus virulente », explique-t-il.


Non, tout le monde n’a pas été testé. A ce jour, selon l’Institut Robert Koch, 2,5 millions de tests de dépistage du Covid-19 ont été réalisés outre-Rhin, dont 7,2 % se sont révélés positifs au coronavirus. Pour autant, dans la presse, les témoignages de personnes n’ayant pas pu se faire tester, malgré les symptômes qu’elles présentaient ou le fait qu’elles revenaient d’une zone à risques, se sont multipliés. Manque de ressources ou de personnel, critères sur les symptômes peu clairs…  Ici aussi l’attribution des tests a fait ça et là l’objet de polémiques, malgré les chiffres impressionnants de 300 à 500 000 tests par semaine énoncés par le ministre de la Santé.

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