L’extrême-droite allemande remporte une nouvelle victoire, confirmant sa progression

Published by

on

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est arrivée en tête du scrutin municipal de la ville de taille moyenne de Pirna (Saxe). L’essor de cette formation anti-UE et anti-immigration se constate partout dans le pays, et plus seulement dans l’ex-RDA.

L’Alternative pour l’Allemagne continue sa progression outre-Rhin. Le parti d’extrême droite a remporté, dimanche 17 décembre, sa deuxième mairie, cette fois-ci dans la ville moyenne de 40 000 habitants de Pirna, dans l’est du pays, à la frontière tchèque. Le candidat Tim Lochner est arrivé avec 38,54 % des voix, devant ses deux rivaux, alors que le maire sortant ne se représentait pas.

Bien qu’il se présentait en tant qu’indépendant, ce chef d’une entreprise de menuiserie de 53 ans était officiellement soutenu par l’AfD et n’a jamais caché sa sympathie pour ses thèses populistes, dont celle du « grand remplacement ».

La fin de l’exception allemande

Sa victoire confirme donc la montée de l’extrême-droite observée depuis plusieurs mois : le 25 juin, l’AfD a remporté pour la première fois une collectivité locale, celle de Sonneberg dans le Land de Thuringe, dans l’est du pays. Le 2 juillet, il a décroché sa première mairie, à Raguhn-Jessnitz, petite ville de 9 000 habitants située entre Berlin et Leipzig, en Saxe-Anhalt.

Mais chose nouvelle : tandis que le parti était jusqu’à présent traditionnellement fort dans l’ex-Allemagne de l’Est, surfant sur la frustration des habitants qui se considèrent comme déclassés depuis la réunification, il réalise aussi des scores de plus en plus importants dans les Länder de l’Ouest, où les idées anti-démocratiques et islamophobes gagnent du terrain comme ailleurs en Europe. Le 8 octobre, ses représentants ont ainsi effectué une percée spectaculaire aux élections régionales en Hesse (18,4 %) et en Bavière (14,6 %). Des sondages réalisés à la mi-décembre 2023 montrent que les intentions de vote pour l’AfD au niveau fédéral se situent désormais entre 20 et 23 %, soit plus de 10 points de plus que lors des élections générales de 2021.

Immigration, inflation, écologie

Fondée par d’anciens cadres de l’Union Chrétienne-démocrate (CDU) en 2013, l’AfD est d’abord classée comme parti libéral et eurosceptique de droite, avant d’amorcer un virage vers le rejet de l’immigration en 2015, année de la crise migratoire et de l’arrivée de plus d’un million de réfugiés syriens, irakiens et afghans. Occupant depuis 2021 83 sièges de députés au Bundestag, sur 736 au total, elle profite aussi d’autres thèmes mobilisateurs comme les mesures anti-Covid et l’obligation de la vaccination, et plus récemment l’inflation depuis la guerre en Ukraine. Alors que trois scrutins régionaux auront lieu dans l’est du pays en 2024, en Saxe, en Thuringe et dans le Brandebourg, l’Afd compte bien confirmer sa progression, en attendant les législatives fédérales de 2025.

Laisser un commentaire