Le constat est le même en Allemagne qu’en France. Selon la dernière étude PISA de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui a testé 690 000 élèves de 15 ans dans 81 pays membres, le niveau scolaire des adolescents français et allemands a fortement baissé entre 2018 et 2022. Et surtout, ils se classent très loin des leaders asiatiques (Singapour, Japon, Corée du Sud) et de l’Estonie, premier pays européen du classement.

Les chiffres de l’enquête montrent que les Allemands ont perdu 25 points en mathématiques en l’espace de quatre ans, contre 21 points pour les jeunes Français. En compréhension de l’écrit, la chute enregistrée est de 18 points (25 points en France). Enfin, en sciences, les jeunes Allemands conservent un niveau supérieur à leurs camarades de l’OCDE. Mais leur avance se réduit : leur niveau a baissé de 11 points par rapport à 2018 quand dans l’OCDE, il a baissé de deux points et en France de 6 points.
Pandémie, smartphone et apprentissage de la langue
« Ce recul ne s’explique qu’en partie par la pandémie de Covid-19, dans la mesure où l’on observait déjà une baisse des résultats en compréhension de l’écrit, en sciences et en mathématiques avant 2018 », écrit l’OCDE dans un communiqué de presse. En effet, l’organisation pointe notamment du doigt « l’évolution rapide des effets de la technologie sur les résultats scolaires des enfants ».
Ainsi, sans surprise, les élèves qui passent jusqu’à une heure par jour sur des appareils numériques pendant leurs loisirs ont obtenu des scores en mathématiques supérieurs de 49 points à ceux des élèves qui y consacrent entre cinq et sept heures par jour.
Lien entre milieu social de la famille et résultats scolaires
Enfin, l’OCDE avance également comme explication la part des élèves d’origine immigrée, fraîchement arrivés ou de première génération, dans les classes. En Allemagne, elle est passée de 13 % en 2012 à 26 % en 2022. Or, outre le fait qu’ils maîtrisent moins bien la langue allemande que leurs camarades, leurs familles sont aussi davantage défavorisées sur le plan socio-économique et leurs parents s’investissent moins dans les études de leurs enfants.
Dans l’Hexagone, la problématique est sensiblement identique, avec quelques nuances : si la maîtrise du Français par les jeunes n’est globalement pas un problème, l’OCDE souligne que la France est toujours l’un des pays où le lien entre le statut socio-économique des élèves et leur performance au PISA est le plus fort. Ainsi, en mathématiques, les collégiens issus de milieux socio-économiques favorisés ont obtenu des résultats supérieurs de 113 points à ceux plus défavorisés !
20 milliards d’euros pour une aide scolaire renforcée
Face à ces résultats qualifiés de « désastre », le gouvernement allemand entend réagir rapidement. « Il faut que nous offrions une aide ciblée aux enfants et aux adolescents issus de milieux socialement défavorisés », a déclaré Jens Brandenburg, secrétaire d’État parlementaire au ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche, faisant référence au programme « Startchancen » lancé en juin 2023. Celui-ci vise à apporter un soutien ciblé à quelque 4 000 établissements dont les élèves sont particulièrement défavorisés socialement. L’objectif est de diviser par deux la proportion d’élèves qui ne maîtrisent pas les bases en lecture, en écriture et en calcul. Le programme est financé par l’État fédéral et par les Länder, qui débourseront un total de 20 milliards d’euros sur dix ans.



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