Les militants pour le climat, les Klimakleber, intensifient leurs actions

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Depuis des semaines, les activistes du groupe « Dernière génération » multiplient les blocages sporadiques dans les rues de Berlin en se collant à l’asphalte. En dépit des menaces de poursuites judiciaires et de la colère des automobilistes, ils veulent propager leurs opérations dans toute l’Allemagne.


Militant du groupe « Dernière génération » collé à la chaussée à Berlin (photo Gwénaëlle Deboutte)

Depuis des semaines, les militants pour le climat du groupe allemand « Letzte Generation » (Dernière Génération) bloquent presque chaque matin les grands axes et les carrefours stratégiques de Berlin. Ils veulent attirer l’attention sur « l’absence de plan du gouvernement fédéral face à la menace d’un effondrement du climat, la plus grande crise de notre époque », selon leurs dires. Le déroulement des opérations est toujours identique : plusieurs « Klimakleber » (« colleurs » du climat) s’assoient sur la chaussée et collent une main nue à l’asphalte. Il faut alors plusieurs heures pour les déplacer, le temps que la police arrive puis les décollent à l’aide d’huile et de dissolvant, voire avec une perceuse.

D’autant que ces derniers temps, les activistes durcissent leurs actions en utilisant des mélanges de colle de plus en plus difficiles à dissoudre. Cette semaine, plusieurs d’entre eux se sont même collés à l’arbre de transmission et à la toiture de leur voiture de location placée en travers du périphérique berlinois.

La colère monte

De fait, les critiques fusent dans la presse contre ces militants, accusés de s’en prendre aux mauvaises cibles. La colère des automobilistes monte et dans la presse, les témoignages se multiplient, à l’image d’un témoin ayant expliqué que sa femme avait raté une importante opération chirurgicale car ils n’avaient pas pu arriver à temps à l’hôpital.

Des centaines de procédures judiciaires sont aussi en cours contre ces actions considérées comme des troubles à l’ordre public. Récemment, le tribunal de Heilbronn, une ville du Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest, a condamné trois militants à des peines de cinq, quatre et trois mois de prison ferme. Ce jugement est, selon le parquet, le plus sévère rendu jusqu’ici en Allemagne contre des membres de « Letzte Generation ».

Direction la Bavière

Pas de quoi, pour autant, les décourager. Selon leur papier stratégique « Plan pour 2023 », Dernière Génération relève vouloir s’attaquer, après Berlin, à la Bavière. Ce Land dans le sud du pays, qui compte d’importants fabricants et sous-traitants automobiles, est connu pour son manque de volontarisme notamment en matière d’énergies renouvelables. « Ce n’est pas là où il y a beaucoup de sympathie que l’Histoire de la résistance pacifique s’est écrite, mais là où il y a beaucoup de rejet, peut-on lire dans le document. Nous portons donc notre protestation là où l’attachement au « statu quo » est particulièrement fort : en Bavière ». Tandis que les élections régionales se dérouleront en octobre 2023, l’association recherche donc une centaine de volontaires dans le Land pour mener des actions coup de poing.

Les prochaines campagnes de « Letzte Generation »

A Berlin, les militants ont annoncé leur intention de s’en prendre à partir du 5 juin aux « super-riches ». Puis, après une période de pause de trois semaines à la mi-juillet, ils entendent élargir la mobilisation pour créer « un tournant social » en réunissant le plus de personnes possible. « L’alliance ne se laissera pas dissuader, quoi qu’il arrive », promettent-ils.

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