Celui qui a des Allemands l’image d’un peuple discipliné ne connaît pas Berlin, la capitale où rien ne fonctionne. Enième exemple avec l’élection régionale de septembre 2021 qui a été invalidée pour cause de graves irrégularités et qui se rejoue ce dimanche.

Voter pour la même élection à seulement un an et demi d’intervalle, voilà du jamais-vu en Allemagne. C’est pourtant ce qui se déroule ce dimanche 12 février, alors que 2,5 millions de Berlinois sont appelés aux urnes une seconde fois pour réélire leurs 130 députés.
Pourtant, l’élection s’était déjà déroulée le 26 septembre 2021. Mais, du fait de très nombreux dysfonctionnements, le scrutin avait été invalidé par le tribunal constitutionnel de Berlin. En effet, le jour du vote se tenait non seulement les élections fédérales pour élire le nouveau Parlement national, mais aussi les élections régionales et… le marathon de Berlin, un événement annuel qui draine des centaines de milliers de coureurs et de supporters.
Résultat : en raison des rues bloquées et du chaos dans les transports, de nombreux assesseurs étaient absents ou en retard, des bulletins de vote avaient été livrés aux mauvais bureaux, les files d’attente d’électeurs étaient interminables. Un grand nombre d’entre eux avaient décidé de rebrousser chemin, tandis d’autres avaient voté après la fermeture officielle des bureaux, si bien que l’annonce des premières estimations étaient déjà été diffusées dans les médias. Après des plaintes, la ville a comptabilisé de graves irrégularités dans 208 des 2 200 bureaux de vote de la capitale.

Après le chaos de la construction de l’aéroport BER, ouvert avec neuf ans de retard, l’image de ville désorganisée et chaotique colle à la peau de la capitale allemande, bien loin des stéréotypes d’organisation et de ponctualité que l’on attribue souvent aux Allemands. Ici, il faut attendre des semaines, voire des mois pour obtenir un rendez-vous afin de renouveler son passeport ou obtenir un acte de naissance pour ses enfants. L’administration et la police sont en sous-effectif chronique et une mentalité de déresponsabilisation règnent dans les services.« Berlin est malheureusement en train de devenir une ville chaotique, à commencer par la politique, qui ne peut ni organiser des élections ni garantir la sécurité de ses citoyens », s’est ainsi gaussé en janvier le ministre-président du riche et conservateur Land de Bavière, Markus Söder.
On prend les mêmes et on recommence
Revenons donc au scrutin qui a des airs de déjà-vu puisque la loi oblige les mêmes candidats à se représenter, sauf déménagement ou décès.
La question est désormais de savoir si la coalition au pouvoir, composée des sociaux-démocrates (SPD), des Verts et de la gauche (die Linke) sera reconduite. Les derniers sondages placent l’opposition conservatrice CDU en tête, avec environ 26%, devant les Verts (18%) et les sociaux-démocrates, en tête en 2021 mais désormais troisièmes (17%). Si la tendance se confirme, ce serait la première fois depuis 22 ans que la CDU arriverait en première position à Berlin. Mais du fait du jeu des alliances pour atteindre une majorité, il est très probable que la coalition actuelle conserve toutefois une majorité absolue en nombre de sièges.
Réponse ce soir.


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