Depuis le vendredi 15 mai, les très nombreux bars et restaurants de la capitale allemande sont autorisés à rouvrir. Après huit semaines de pertes, les gérants espèrent un retour rapide de leur clientèle, mais redoutent l’absence des touristes.

Pendant deux mois, la Bergmannstraße est restée silencieuse. D’ordinaire si animée avec ses nombreux bars et restaurants, cette rue du quartier de Kreuzberg à Berlin a retrouvé depuis une semaine un semblant de normalité, depuis que les restaurants et les bars ont été autorisés à rouvrir le 15 mai dernier.
Attablé en terrasse, Vincent, un habitant du quartier, profite du beau temps en ce premier dimanche d’ouverture. « Le barman est un ami, explique-t-il. Je suis venu parce qu’une bière en terrasse me manquait bien sûr, mais surtout pour le soutenir ». Car si les clients reviennent, l’inquiétude demeure chez les gérants après ces huit semaines de fermeture et de pertes sèches.
D’autant que les règles d’hygiène pour limiter la propagation du virus n’ont rien d’engageant. Ainsi, les établissements ne sont autorisés à accueillir des clients que de 6 heures du matin à 22 heures, ce qui limite beaucoup l’activité en soirée. Le personnel est tenu de porter un masque et les buffets, où à la nourriture est en libre accès, ne sont pas autorisés. De plus, bien qu’elle ne soit pas obligatoire, une liste avec les numéros de téléphone ou mails des clients ayant fréquenté l’établissement est fortement conseillée, pour remonter la chaîne en cas de contamination. « J’espère que ça ne rebutera pas trop les clients, s’inquiète Sara, la gérante d’un des restaurants de la rue. Les habitués sont là, mais pas ceux de passage. Il manque aussi les touristes, nombreux en cette période ».

Par ailleurs, alors qu’en Allemagne, il est coutume de s’attabler sur les larges tables avec des inconnus, en ces temps de Coronavirus, seuls les membres de deux foyers différents au maximum peuvent être assis ensemble. Enfin, l’écart entre les chaises doit être de 1,5 mètre. Par manque de place, cette disposition est difficile à réaliser et c’est pourquoi le Sénat de l’arrondissement de Friedrichshain-Kreuzberg étudie la possibilité d’agrandir les terrasses des cafés et restaurants en empiétant sur les trottoirs, sur les bandes de stationnement ou même la rue. Cela leur permettrait de recevoir plus de monde, tout en respectant les distances requises. A ce jour, plus de 300 dossiers de demande ont été déposés. En outre, pour soutenir les gérants, à partir du 1er juillet, la TVA dans la gastronomie sera abaissée de 19 % à 7 % pendant un an.

« Pour l’instant, nous ne pouvons pas accueillir autant de clients que d’habitude et c’est un vrai manque à gagner », poursuit Sara. Pour prévoir la quantité de nourriture à acheter et éviter les invendus en cette période financière tendue, elle encourage donc ses clients à réserver. En espérant que la situation revienne à la normale le plus rapidement possible.
D’ordinaire si animée, la capitale allemande, avec ses nombreux bars et restaurants, est restée calme pendant deux mois.
Photos Gwénaëlle Deboutte












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