En ces temps de Coronavirus, les sans-abris se retrouvent plus isolés. Les Berlinois tentent de compenser en déposant des vêtements, de la nourriture ou des produits d’hygiène dans des lieux dédiés.

Comment continuer à aider les sans-abris pendant l’épidémie de Coronavirus ? Dans les rues plus désertes qu’à l’habitude, la mendicité devient difficile. « Les magasins étaient fermés, les bars aussi, explique Hans, rencontré mercredi 13 mai dans le quartier populaire de Neukölln à Berlin. Il y a moins de monde dans les rues et je reçois beaucoup moins de pièces qu’avant. Je ne trouve plus autant de Pfand non plus ». En effet, en Allemagne, les bouteilles consignées, rapportées au magasin contre 15 à 25 centimes chacune, constituent un complément de revenus pour les personnes précaires qui les glanent sur les trottoirs ou dans les poubelles.
Certains coins, autour des buvettes ou dans les parcs où se réunissent des groupes de jeunes, sont d’ordinaire particulièrement prisés. Mais ils ont été désertés pendant les deux mois de restrictions sociales. De plus, les maraudes des associations se sont faites plus rares.
Pour continuer à aider les personnes dans le besoin, la solidarité s’est organisée et les Berlinois ont multiplié les Gabenzäune. Inspirées d’une initiative venant de Hambourg, ces « clôtures de dons » consistent à suspendre des sachets plastiques sur des barrières dans la rue. On y trouve de vieux vêtements sortis des placards, des chaussures d’occasion, des produits d’hygiène, de la nourriture ou encore des aliments pour animaux. Pour faciliter la recherche, les donneurs sont priés d’écrire le contenu des sacs dessus. La capitale compte une bonne vingtaine de Gabenzäune, réparties dans les différents quartiers.








Mais ces initiatives non officielles ne font pas toujours l’unanimité. « Le Sénat de Pankow salue ces actes de solidarité de la part de la population dans la situation actuelle, souligne ainsi Rona Tietje, députée SPD du district de Pankow (Berlin), citée dans le journal local Prenzlauerberg Nachrichten. Cependant, les dons ont entraîné des risques d’infection supplémentaires, car les mesures d’hygiène ne peuvent pas être vérifiées. Pour accéder au contenu des sacs, les personnes doivent les ouvrir, mais un lavage minutieux des mains n’est pas toujours possible par la suite ». Par ailleurs, certaines Gabenzäune ressemblent malheureusement à de véritables dépotoirs, avec des vêtements et des objets entassés pêle-mêle à même le sol, dénotant davantage un manque de respect pour les SDF qu’une volonté de leur venir en aide. Dommage pour une si belle initiative.
Photos G. Deboutte



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