Tandis que le taux d’infection est légèrement remonté en Allemagne, les virologues alertent sur l’arrivée d’une deuxième vague épidémique. Les 16 Länder ont imposé le port du masque dans les transports en commun et dans les commerces.

- Le nombre de cas
Le 28 avril, le nombre de cas est passé à 159 103, soit une augmentation de 1144 en 24 heures. Le nombre de décès se chiffre à 5913 (+ 163 en 24 heures) et le nombre de guéris à 108 889. Selon l’Institut Robert Koch, l’équivalent de l’Institut Pasteur, 67 % des personnes contaminées ont entre 15 et 59 ans. Si les plus de 70 ans ne représentent que 19 % des cas, ils représentent en revanche 87 % des décès. Le bilan est particulièrement lourd dans les maisons de retraite, avec environ 2000 personnes décédées, soit les deux-tiers des décès à ce jour. Après être descendu à 0,7, le taux de contamination est remonté à 1. Cela signifie qu’une personne contamine en moyenne une autre personne. Comme l’avait expliqué la chancelière Angela Merkel, il suffirait que ce taux repasse à 1,1 pour faire repartir l’épidémie.
« Si nous supposons que chaque personne infecte 1,1 personne, nous aurions atteint les limites du nombre de lits de soins intensifs disponibles en octobre, a-t-elle résumé en conférence de presse. Si nous supposons une valeur de 1,2, nous atteindrons la limite de notre système de santé en juillet. Avec une valeur de 1,3, ce sera en juin. Notre marge de manœuvre est donc très étroite ». Compte-tenu du délai d’incubation de 15 jours, il est cependant trop tôt pour savoir si la reprise des cas de contaminations est directement liée au « déconfinement » actuel.
- Le nombre de lits
Le pays compte actuellement 32 394 lits de soins intensifs et la situation dans les hôpitaux est loin d’être tendue puisqu’un peu plus de 13 000 sont encore disponibles. De fait, une partie des opérations chirurgicales programmées qui avaient été reportées pourraient être à nouveau autorisées au mois de mai.
- Les 16 Länder imposent finalement le port du masque
Tous les Länder ont fini par accorder leurs violons et à imposer le port du masque généralisé dans les transports en commun mais aussi dans les commerces. Dans ces deux lieux, il est en effet difficile de maintenir la distance de sécurité d’un mètre 50. Dans certaines régions, les contrevenants s’exposent à une amende de 150 euros. le Sénat de Berlin a annoncé qu’il distribuerait près de 150 000 masques aux foyers les plus précaires.
- 50 000 commerces menacés de faillite

Selon la fédération des entreprises de commerce de détail, le secteur (à l’exception de l’alimentaire) a perdu chaque jour un milliard d’euros pendant les six semaines de fermeture. Selon l’organisation, 50 000 boutiques (soit une sur neuf) risque la faillite, en raison des loyers qui restent à payer même en l’absence de chiffre d’affaires. De plus, les achats repartent lentement malgré la réouverture des enseignes. C’est pourquoi l’organisation demande au gouvernement la mise en place de chèque à la consommation, sur le modèle des primes à l’achat dans l’automobile pour leur donner un coup de pouce.
- Christian Drosten menacé de mort
Très présent dans les médias, le virologue Christian Dorsten de l’hôpital de la Charité, qui conseille notamment Angela Merkel dans la gestion de la crise, a déclaré dans le journal The Guardian faire l’objet de menaces de mort. Pour certaines personnes, il serait « le méchant qui a paralysé l’économie allemande », selon ses propos.
- L’application Corona-Stop en développement
Comme ailleurs, le pays travaille sur une application « Corona-Stop » pour aider à identifier et à bloquer les chaînes de contamination après le déconfinement. Pour cela, les téléphones sur lesquels aura activé le Bluetooth communiqueront avec les autres et garderont en mémoire ceux avec lesquels ils auront été en contact plus de 15 minutes. Si une personne vient à déclarer le Covid-19, tous les utilisateurs de téléphones avec qui elle a été en contact dans les sept jours précédents recevront une alerte pour se faire dépister.
Mais cette solution suscite de nombreuses critiques en raisons de risques de captation et de stockage des données personnelles – un point très sensible en Allemagne. Le week-end dernier, le gouvernement a donc fait volte-face en annonçant que la technologie développée par l’opérateur téléphonique Deutsche Telekom et le spécialiste informatique SAP sera basée sur une architecture décentralisée, ce qui signifie que les informations resteront stockées dans le téléphone et non dans un serveur centralisé.



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