L’Allemagne vient d’autoriser le premier essai clinique d’un vaccin contre le Coronavirus et d’autres pourraient suivre rapidement. Compte-tenu de la durée des procédures de mise sur le marché, la commercialisation n’est pas attendue avant l’année prochaine.

Katja Fuhlert/Pixabay
En Allemagne, le premier essai clinique sur un vaccin a été autorisé et devrait être conduit à partir de la fin du mois d’avril. Le candidat provient de la société de biotechnologie BioNTech, basée à Mayence. Fondée en 2008 par le couple de chercheurs Ugur Sahin et Özlem Türeci, l’entreprise de 1300 employés à l’origine spécialisée dans l’immunothérapie contre le cancer travaille sur un vaccin à ARN messager.
Renfermant certaines informations génétiques du virus, cette technologie permet de synthétiser la protéine du SARS-CoV-2 responsable de la formation des « aiguilles » à sa surface. Les chercheurs espèrent ainsi que l’expression de cette protéine produira une réponse immunitaire importante chez le patient, afin d’induire son immunité. Pour s’en assurer, lors de la première phase de l’essai clinique, le vaccin sera testé sur 200 volontaires de 18 à 55 ans en bonne santé. Ensuite, la seconde phase portera sur 500 personnes à risque, cette fois âgées de plus de 55 ans et présentant des antécédents de maladies cardiovasculaires. L’objectif sera de déterminer la tolérance générale du vaccin et sa capacité à proposer une réponse immunitaire adaptée contre cet agent pathogène qui a la capacité de muter. Différents types d’ARN et différentes longueurs de la protéine de pointe seront expérimentés. Les premières données pourraient être « disponibles fin juin ou début juillet », selon Ugur Sahin. En prévision de sa commercialisation, BioNTech a conclu un accord de coopération avec le Chinois Fosun Pharmaceutical basé à Shanghai, qui sera le distributeur exclusif du vaccin en Chine, et avec le géant pharmaceutique américain Pfizer, pour le reste du monde.
Toutefois, compte-tenu de la durée des procédures de mise sur le marché, le déploiement des vaccins n’est pas attendu avant l’année prochaine. « Plusieurs tests cliniques pourront être effectués cette année en Allemagne et s’ils sont concluants, les phases suivantes des tests pourront intervenir à l’automne », souligne Klaus Cichutek, président de l’institut Paul Ehrlich, responsable de l’approbation des essais cliniques en Allemagne.

Photo: imago/Sämmer
Comme partout dans le monde, les laboratoires allemands se sont donc lancés dans une course contre la montre. On compte par exemple les deux vaccins actuellement développés par le Centre allemand de recherche sur les infections (DZIF), dont l’un est dérivé de celui contre le virus MERS et l’autre du vaccin contre la rougeole. Autre concurrente : l’entreprise de biotechnologie CureVac. « Si tout se passe bien, nous pourrions commencer les tests cliniques sur l’Homme au début de l’été », a indiqué fin mars le président du conseil de surveillance, Friedrich von Bohlen. CureVac avait fait la une des journaux à la mi-mars lorsque le gouvernement d’Angela Merkel avait accusé les Etats-Unis de vouloir s’approprier le projet en s’assurant les droits exclusifs. Enfin, l’institut Paul Ehrlich a également donné son feu vert pour une étude clinique, baptisée Capsid, sur l’utilisation du plasma des patients guéris du Covid-19, qui pourrait conférer une immunité passive aux malades à qui on transfuserait ces poches de sang.


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