Ce 16 avril, l’Allemagne compte 3 800 décès du Coronavirus, contre 17 000 en France. Retour sur la chronologie de la prise en charge de l’épidémie en Allemagne entre janvier et avril, qui montre que l’anticipation est peut-être l’une des clés du ralentissement de la propagation du virus.

17 novembre 2019 : Premier cas détecté à Wuhan.
20 janvier : Alors que l’épidémie se propage en Chine, mais qu’aucun cas n’est encore détecté sur le sol allemand, l’hôpital de la Charité publie la séquence génétique du nouveau virus et les référentiels de tests à destination des laboratoires du pays. Plusieurs d’entre eux commencent à faire des stocks de réactifs et de matériels.
23 janvier : Trois premiers cas sont recensés en France
27 janvier : Premier cas de Covid-19 détecté en Allemagne dans le Land de Bavière. Il s’agit d’un employé de 33 ans du sous-traitant automobile Webasto à Stockdorf, qui avait été infecté par une collègue ayant voyagé depuis Shanghai le 19 janvier. Le foyer est rapidement circonscrit.
Les 24 et 25 février : Dans la ville de Heinsberg, à côté de Düsseldorf, un couple de 46 et 47 ans sont testés positifs au virus. Le 15 février, ils avaient participé au carnaval de Gangelt, très prisé dans la région. Heinsberg est considéré comme l’épicentre de l’épidémie en Allemagne.
25 février : Premier décès en France.
4 mars : L’Allemagne interdit l’exportation de matériel de protection médical hors de ses frontières.
9 mars : La barre symbolique des 1000 personnes infectées est atteinte en Allemagne.
11 mars : Lors d’une conférence de presse, Angela Merkel annonce que l’épidémie pourrait toucher à terme 60 % de la population. 140 millions d’euros sont débloqués pour soutenir la recherche sur le vaccin. Mais le ton reste peu alarmiste : « Se saluer non pas en se serrant la main mais en se regardant une seconde de plus dans les yeux et en souriant peut être une solution », conseille Merkel.
12 mars : En France, le ton de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron se veut plus solennel quand il annonce : « je demande ce soir à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles et ceux qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires, aux personnes en situation de handicap, de rester autant que possible à leur domicile ». Il explique aussi que les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés jusqu’à nouvel ordre et encourage le télétravail.
12 mars : Les manifestations de plus de 1 000 personnes sont interdites en Allemagne.
13 mars : Les Länder allemands décident de fermer tous leurs établissements scolaires et universités à partir du lundi 16 mars. Berlin débloque 93 milliards d’euros supplémentaires, dotant ainsi la banque publique de 550 milliards d’euros de fonds pour soutenir l’économie et la nationalisation de grandes entreprises comme Lufthansa ou TUI n’est pas exclue.
14 mars : Les rayons des produits de première nécessité des magasins se vident.

15 mars :
- Fermeture des frontières avec les pays frontaliers, dont la France. Les transferts de marchandises et les déplacements des travailleurs transfrontaliers restent autorisés.
- Alors que la barre des 100 morts est franchie, le premier tour des élections municipales se déroule, 21 millions d’électeurs se déplacent aux urnes.
16 mars :
- La Chancelière détaille, dans un style factuel et sobre, la liste de mesure visant à freiner la propagation du virus : fermeture des bars et des clubs, des musées et lieux de spectacles, des terrains de jeu, suspension des offices religieux et des voyages à l’étranger. Etonnamment, les restaurants et les coiffeurs peuvent rester ouverts.
- Alors que l’Allemagne a quinze jours de retard sur l’épidémie que la France, le pays décide également de fermer toutes ses écoles et ses crèches la même semaine que la France, ce qui a peut-être aider à freiner davantage la propagation du virus.
18 mars : « L’Allemagne fait face à son plus grand défi depuis la Seconde Guerre mondiale », déclare Angela Merkel dans une allocution télévisée, la première depuis qu’elle est au pouvoir. Elle en appelle à la responsabilité de chacun pour respecter les consignes de distanciation : « Nous sommes une démocratie : nous ne vivons pas par la contrainte, mais par l’information et la participation de chacun », explique-t-elle.
20 mars : La Bavière, le Land le plus touché, instaure des mesures de confinement plus strictes que dans le reste du pays, à l’image de celui instauré en France.
22 mars : La fermeture des restaurants et des salons de coiffure est enfin décrétée. Interdiction des rassemblements de plus de deux personnes dans l’espace public, avec une distance minimale de 1,5 mètre, exception faite des familles ou des personnes issues d’un même foyer.
23 mars :
- En Allemagne, la barre des 100 morts est franchie.
- Le Bade-Wurtemberg accueille les premiers patients français et italiens.
- Le pays augmente progressivement le nombre de lits de réanimation avec respirateurs, l’Allemagne compte environ trente-trois lits en soins intensifs pour 100 000 habitants, contre 12 en Italie et 11 en France.
- Le gouvernement annonce une aide sans précédent de 1,2 billion d’euros (1200 milliards d’euros) pour soutenir ses entreprises et les aider à passer ces mois difficiles.
24 mars : 1000 morts en France
26 mars : Depuis le début de l’épidémie, l’un des piliers de la stratégie est la détection précoce des malades pour les isoler. Les autorités annoncent leur intention de monter la capacité à 500 000 tests par semaine, en prévision d’un futur déconfinement progressif.

1er avril : Alors que 732 décès sont recensés, les mesures de restrictions sont prolongées.
3 avril : 1000 morts en Allemagne (12 jours après la France)
7 avril : Le seuil des 10 000 morts en France est franchi.
10 avril : Les grands instituts économiques du pays estiment qu’au deuxième trimestre 2020, l’économie allemande devrait se contracter de 9,8 %, soit le plus important recul depuis la Seconde guerre mondiale. Sur l’ensemble de l’année, une récession de 4,2 % est attendue, avant un net rebond de + 5,8 % en 2021.
15 avril : Angela Merkel annonce en conférence de presse le maintien des restrictions de circulation et la fermetures des établissements scolaires jusqu’au 3 mai inclus. Les mesures de distanciation sociale et le port du masque devront être maintenues au-delà.
16 avril : 134 000 cas sont déclarés pour 3 800 décès.



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